Pour Daniel Fischer, Sogeo fait « du gros oeuvre environnemental ». Son entreprise agit sur les milieux naturels pour préserver, en douceur, la biodiversité.

Laetitia Soulier
Daniel Fischer a 41 ans et déjà deux vies. Une, derrière lui, de militaire. Et une, débutée en 2006, de chef d'entreprise comme patron de Sogeo. « Société occitane de génie écologique », précise cet ancien officier de l'armée de Terre, ex-Saint-Cyrien.
Plus vraiment en phase avec l'armée, Daniel Fischer, qui a terminé par cinq ans chez les paras à Toulouse, a fait un « bilan de compétences personnel » et trouvé l'idée de reconversion. En montant sa société d'entretien d'espaces naturels pour le nord-ouest de la France, un « ami », Patrice Valantin, lui a montré la voie.
Daniel a créé une société équivalente pour le sud-ouest. Lui et sa famille ont fait le choix de Vigeois, « au croisement des autoroutes », pour implanter le siège de Sogeo. « Nous sommes à trois heures de route de chaque chantier », explique Daniel Fischer qui a appris sur le tas et embauché des techniciens.
Sogeo fait de l'entretien et de la restauration d'espaces sensibles. « Attention, c'est tout le contraire du paysager », insiste Daniel Fischer. Autrement dit, Sogeo ne fait pas du beau, mais de l'efficace. Du gros oeuvre environnemental grâce à une méthode douce de « gestion hypersélective des essences ». « On peut laisser, par exemple, des gros tas de branches s'ils sont bien sédimentés. Cela fait des caches à poisson ». Trois semaines après le passage des équipes de Sogeo, on ne soupçonne même pas leur intervention. Et pourtant, une telle action est indispensable pour sauver la biodiversité, donc la vie.
Les clients de l'entreprise sont quasi-exclusivement des collectivités territoriales. Daniel Fischer est conscient de bénéficier « d'une niche grâce à une directive cadre européenne sur l'eau (DCE) qui impose le rétablissement des cours d'eau dans leur écoulement avant 2015 ». Des travaux largement financés par l'Agence de l'eau et les collectivités qui assurent à Sogeo de nombreux chantiers à venir. « Notre boulot porte à 90 % sur les rivières, mais on intervient aussi en zone humide » (voir ci-dessous).
Pour se lancer, Daniel Fischer a investi 100.000 euros. « Un quad, trois tracteurs avec treuils forestiers, des barques, une grue forestière, trois camionnettes, un fonds de roulement et c'était parti ». Il a recruté deux personnes et aujourd'hui Sogeo compte huit emplois en CDI. Bien aidé par Limousin entreprendre et Limousin expansion, tant pour le prêt à taux zéro que pour les formations, le chef d'entreprise regrette le peu de soutien du Conseil général.
Ainsi, la biodiversité est devenue le combat de l'ancien militaire pour qui le métier de génie écologique a de l'avenir.





