Jusqu'à vendredi, la Cité de la mer accueille la 22e édition du Forum des métiers. Quinze pôles accueillent jeunes et parents en quête d'idées de carrières. Pourquoi pas celle de plongeur démineur ?
« Si on rentre dans la Marine nationale, ce n'est pas parce qu'on a vu de la lumière ! » Avertissement donné par les militaires chargés ce jeudi d'accueillir les scolaires à bord du Vulcain, le bâtiment base groupe des plongeurs démineurs de la Manche. Face à des élèves de 3e de la Maison familiale et rurale de La Haye du Puits, ces professionnels ne manient pas la langue de bois : ils évoquent les 35 métiers proposés par la Marine nationale, parlent solde (« nous sommes militaires, on ne touche pas un salaire »). Ils insistent bien : « Vous serez mieux payé si vous naviguez loin et longtemps. » Mais surtout, « ne croyez pas qu'en entrant dans la Marine, l'école est finie. » Justement, le premier maître Frédéric Tesson, l'un des 24 plongeurs démineurs de la Manche, vient de sortir d'un cours. Il prend en charge le petit groupe pour leur présenter son job.
Passage tout d'abord par l'infirmerie du bâtiment. Espace spartiate, largement occupée par un caisson hyperbar utilisé en cas d'accident de plongée. Et petite leçon de physique : « Si un plongeur ne respecte pas les paliers de décompression, il se forme des bulles dans son corps. » Poursuite de la visite sur le pont arrière : le premier maître Tesson présente les équipements du plongeur, tel le Crabe, un gilet de 40 kg, permettant de respirer en circuit semi-fermé, le CO2 étant capté par de la chaux soudée. « Avec ça, on peut rester 3 heures dans l'eau ». Ou bien le Frog, plus petit qui équipe les plongeurs de combats et ne dégage pas de bulle : « Mais avec, on ne plonge pas au-dessous de 7 m. » Compétents depuis le Mont-Saint-Michel jusqu'à la frontière belge, les plongeurs démineurs de la Manche prennent en charge toutes les munitions trouvées jusqu'à la limite de la laisse de mer.
Ils sont aussi des travailleurs sous-marins, et effectuent par exemple des soudures « avec un casque et une combinaison étanche, relié par un narguilé ». A 36 ans, le premier maître Tesson envisage d'ailleurs une reconversion civile dans le génie sous-marin. « Parce qu'une fois fini mon contrat au sein de l'armée, il n'est pas question d'abandonner la plongée ! »
Nathalie LECORNU-BAERT.





