IMPLIC’ACTION ADAPTE LE « MENTORING » AUX IMPLIC’ACTEURS

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IMPLIC’ACTION ADAPTE LE « MENTORING »

AUX IMPLIC’ACTEURS

mentor

Le réseau social communautaire IMPLIC’ACTION se charge d’une noble mission : mettre en relation des « âmes sœurs professionnelles ». À l’une en pleine perplexité quant à sa reconversion, l’association présente l’autre qui a monté son entreprise ou est salarié.

Objectif : faire avancer la reconversion, remiser les complexes au placard et aider les « nouveaux » reconvertis dans leur retour à l’emploi grâce à une relation de conseil et de soutien, ainsi que d’un processus d’échanges des plus efficients basé sur le réseau, en un mot le « mentoring ».


UNE EMULATION PROFESSIONNELLE

Il suffit d’écouter parler le personnel de la Défense : la reconversion peine à atteindre sa vitesse de croisière. Malgré les dispositifs institutionnels en place, en dépit de la responsabilisation du commandement, du fait de la crise socio-économique actuelle, il n’est pas facile de dénicher sereinement des modèles inspirants pour quitter les forces armées. Et encore moins, quand cela arrive, d’oser capter de leur précieux temps pour demander conseil. D’où Implic’action…

« Si j’avais eu accès à implic’action au cours de ma reconversion, je suis persuadé que j’aurais trouvé un emploi autrement et plus vite », confie Armand Leplessier, qui a fait valoir ses droits à la retraite en 2007 et est toujours en recherche d’emploi.

Alors que propose Implic’action ? Ce réseau social communautaire fournit à ses membres informations et formations, mais leur donne surtout l’occasion d’une véritable émulation professionnelle.

Cette émulation professionnelle est une pratique, très en vogue aux Etats-Unis, nommé « mentoring », qui pourrait se traduire par “parrainage” ou “tutorat”. Couramment utilisé en Suisse et au Luxembourg, c’était au départ un instrument formalisé pour soutenir les carrières féminines dans le cadre d’une politique de l’égalité des sexes. « Mais ces us en matière de ressources humaines ont du mal à percer en France », explique Thierry Lefebvre, directeur de communication d’Implic’action. « Nous nous en sommes inspirés pour l’adapter au monde de la reconversion ; cette pratique ainsi externalisée et généralisée singularise notre réseau social communautaire, primauté dont nous sommes fiers. »



UN POINT DE CONTACT

Imaginons un implic’acteur qui, au moment de se lancer dans le marathon de la reconversion, a du mal à obtenir des réponses pour avancer comme il le souhaite. Alors, il entre en contact avec un implic’actif. « C’est le point de départ pour davantage qu’un simple partage d’expériences, car des relations privilégiées vont se nouer, puisque la démarche de l’implic’actif est nécessairement généreuse et bienveillante. La confiance, le respect mutuel et l’entente sont essentiels. Et que dire des valeurs que nous avons partagées et qui continuent de nous unir. Alors forcément oui, il y a de l’affection, le mot n’est pas trop fort. »

Pour ce faire, il n’est pas nécessaire de privilégier les seniors, ni de tenir compte des grades et des statuts : une femme, ex secrétaire comptable au ministère de la Défense de 35 ans peut très bien être l’implic’actif d’un homme de 50, ex-capitaine de frégate, l’essentiel étant d’être digne de confiance, d’avoir de la « matière empirique » pour étayer ses conseils et d’y adjoindre de l’écoute active et de la volonté ; voilà sans doute l’une des raisons pour laquelle l’association se  dénomme « Implic’ation ».

 


UNE POSTURE OFFENSIVE

L’implic’actif a forcément une attitude proactive et de protection. Certes, il guide, aide et motive l’implic’acteur en lui transmettant son savoir faire entrepreneurial, au mieux son savoir-être de dirigeant. Il oriente sa stratégie et participe à son implémentation. Mais le rôle de l’implic’actif ne se limite pas au conseil, il doit  aussi « ouvrir des portes » et des perspectives ambitieuses pour l’implic’acteur : activer son réseau et faciliter la réalisation des objectifs. « Mais attention, le but de la démarche n’est pas de venir pomper le carnet d’adresses de quelqu’un », précise Jean-Michel Lebec, le responsable réseau de l’association.

L’implic’actif n’est donc pas seulement un coach. Ce dernier étant centré sur le comportemental, non sur l’opérationnel. Il n’est pas non plus, un simple conseiller. Celui-là se bornant à donner des indications sur les moyens à mettre en œuvre pour atteindre des objectifs visés. Pas même un expert qui connaîtrait la bonne réponse à une question pointue. Non, un implic’actif a une expérience qu’il veut rendre utile. A cette fin il apporte des réponses, des pistes de réflexion sur le fond et trace des perspectives professionnelles, aide dans la définition des objectifs, a la capacité de comprendre les difficultés rencontrés pour les avoir vécus lui-même auparavant, et s’engage dans la mise en œuvre de moyens. Enfin, naturellement, comme il investit du temps auprès de l’implic’acteur, il reçoit en compensation une indemnité plafonnée.


 


UNE PRATIQUE REGULIERE

L’accompagnement se construit sur la base de sessions régulières, suivies dans le temps, individuelles et personnalisées. « Concrètement, implic’actif et implic’acteur se rencontrent autant que de besoin, selon la complexité et l’avancée du projet, pendant trois à dix-huit mois s’il le faut, explique Thierry Lefebvre, et plus si affinités, poursuit-il avec humour. » Car il arrive souvent que les rapports glissent vers l’amitié. « Mon implic’acteur était présent quand j’ai fêté mes 40 ans », se souvient Eric. Eric a fait découvrir Paris à Pierre, aujourd’hui retiré dans le Pays Basque, et, bien sûr, ils sont toujours en contact.

Il faut dire qu’implic’action n’a pas son pareil pour assembler ces véritables "âmes sœurs professionnelles". Un implic’acteur a l’entière liberté de choisir son implic’actif, à défaut ce sont les membres d’implic’action qui jouent les entremetteurs, « être marieur, c’est ça l’esprit d’un animateur réseau »  insiste Jean-Michel Lebec. L’implic’acteur choisit son implic’actif soit en fonction du secteur d’activité qu’il veut exercer et dont l’implic’actif est un spécialiste tout ou partie, soit en fonction de la région dans laquelle il réside ou celle dans laquelle il souhaite se retirer. Et ça marche. « En  quelque 3 mois, nous avons fait se rencontrer 40 personnes, confie Henry-Pierre Marquis le secrétaire général de l’Association, et seules deux paires n’ont pas fonctionné. Dans ce cas-là, ce n’est pas un drame, l’implic’acteur a la possibilité de poursuivre sa reconversion avec un autre implic’actif. L’implic’actif qui dure avec l’implic’acteur devient son implic’actif référent. »

 


UN AVANTAGE MUTUEL

Quand Pierre Le François devint membre d’implic’action, c’était un capitaine de cavalerie, il avait 33 ans et hésitait entre créer son entreprise ou accepter un poste salarié. Son implic’actif, Antoine Kielholz, s’est lancée dans la création d’une société de portage salarial il y a plusieurs années. « Il m’a aidé à me poser les bonnes questions, à décider s’il valait mieux reprendre un MBA ou envisager l’entreprenariat et ensuite quel était le satut qui me convenait le mieux : autoentrepreneur ou portage », raconte Pierre Le François. Un coup de pouce qui ne lui a coûté que le prix de l’accompagnement par le réseau Implic’action.

Dans cette relation, l’implic’acteur est loin d’être le seul à tirer bénéfice du duo. « Être implic’actif oblige à faire une sorte de bilan sur ses propres acquis professionnels », assure Antoine Kielholz. C’est aussi une manière d’éviter à l’un les ornières dans lesquelles le premier est tombé. « J’avais moi-même rencontré les questions que Pierre se posait. Mais à l’époque, je n’avais personne avec qui en débattre. Alors, j’ai trouvé ça agréable que quelqu’un puisse apprendre de ma propre expérience ». « Chaque personne qui a roulé sa bosse a quelque chose de valide à partager et c’est bien de l’offrir », souligne Jean-Luc Didio, le commissaire de la « bande des 10 » confondateurs de l’association.

Par ailleurs, plus qu’une simple manière de s’épanouir dans sa branche professionnelle, Implic’action peut aider les reconvertis à briser le fameux plafond de verre. « Cela rassure ceux qui pensent qu’ils ne font pas le poids pour monter leur entreprise ou y trouver leur place. Dommage, que peu d’associations ont compris l’intérêt de développer le « mentoring » au sein même de leur structure », regrette Daniel Prak, le responsable logistique. De fait, si la technique d’implic’action s’avère très efficace, elle reste interne à ce réseau social communautaire et c’est ce qui en fait sa principale caractéristique.

« Surtout, si on réfléchit, cette pratique d’implic’action coûte moins cher que les programmes de formation », conclut Thibaut de Féligonde, consultant-formateur lui-même. Elle apparaît comme une manière intelligente de valoriser les savoir-faire afin de les rendre transférables. Un outil intéressant également pour replacer l’humain au centre des stratégies de recherche d’emploi et pour réduire la vulnérabilité du fait des manque de repères une fois hors du quartier.

 


L’accompagnement d’implic’action, inspiré du « mentoring », est avant tout un transfert d’expérience entre « frères d’armes », comme un passage de relais. Ainsi, l’implic’actif évite à l’implic’acteur des erreurs et lui fait gagner du temps par son expérience acquise et son réseau en place. Participant à la réussite de la reconversion du personnel de la défense, ce réseau social communautaire est bel et bien un accélérateur de retour à l’emploi.


Devenez implic’actif ou implic’acteur.

 

Thierry Lefebvre

 

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