IMPLIC’ACTION, ASSOCIATION JEUNE EN GRADE, MAIS APPELEE A UN BEL AVENIR CIVIL

C’est avec professionnalisme que les membres fondateurs d’Implic’action ont présenté l’association-réseau de reconversion du personnel de la Défense lors de la journée inaugurale du jeudi 8 octobre 2009 à Paris.
D’emblée, ils ont voulu témoigner du sérieux avec lequel ils concevaient l’entraide qu’ils proposent désormais à leurs pairs en voie de retour vers la vie civile. Ils avaient choisi le grand amphithéâtre Foch de l’Ecole Militaire pour inviter autorités militaires et civiles ainsi que le public à se déplacer pour les écouter.
IMPLIC’ACTION : UN RESEAU SOCIAL COMMUNAUTAIRE

Paul Perrin, le président, par ailleurs très impliqué dans les causes humanitaires avec la création d’ECI (association pour la démobilisation/désarmement/réintégration des anciens belligérants et des enfants-soldats) ouvre le débat en premier pour saluer les autorités et dire l’importance d’un tel « réseau social communautaire naissant dans un contexte socio-économique en crise profonde ». Il remercie également Jean-Michel Lebec qui a permis de fédérer ses camarades de manière cohérente.

TENDRE LA MAIN A CEUX QUI VONT QUITTER LA DEFENSE
Ensuite, Thierry Lefebvre, le directeur de la communication, énumère les raisons qui ont mobilisé ces anciens militaires-civils, et actuels chefs d’entreprise ou consultants, à se regrouper. Au-delà d’une démarche de citoyens concernés par la Loi de Programmation militaire envers laquelle ils ne voulaient pas rester insensibles, ils ont souhaité, en effet, « mettre en commun leurs multiples compétences au profit de ceux qui dans les quelque 4 à 5 années à venir, suite aux déflations d’effectifs, vont devoir quitter le Ministère. Nous avons à leur tendre la main. »

Leur objectif est clair ; il a été répété : « S’inscrire en toute indépendance dans les dispositifs existants d’aide facilitant l’accès à l’emploi. Cette aide vise tout ressortissant de la Défense quel que soit le statut ou la catégorie, civil et militaire, qu’importe l’ancienneté et l’armée ou le service » précise Jean-Luc Didio, le « commissaire » de la troupe.

La force de cette association originale est de s’appuyer sur un réseau national d’ex du Ministère désireux de partager leur savoir. « C’est aussi clair que cela même si ce n’est pas si simple. » prolonge Antoine Akielholz ; le trésorier, attestant par cette formulation à la fois la conscience du défi à relever et l’humilité de leur engagement.

Visiblement leur ambition est pragmatique, lucide, « écrite dans le marbre, ancrée dans le dur » : se positionner comme une alternative complémentaire aux autres parcours de reconversion et comme une opportunité supplémentaire pour la Défense de conduire sa politique R.H. « Nous représentons un sas, terme à prendre au sens de compartiment de décompression entre le monde vert-armé et le monde entrepreneurial et comme acronyme de « S’impliquer-Agir-S’entraider, ce qui est à la lettre notre philosophie » appuie Richard Lazarowicz, plus particulièrement chargé de veiller à la réglementation intérieure.
Pour mieux se désigner « presque entre frères d’armes », comme aime à le rappeler Thibaut de Féligonde, un des vice-présidents, ces membres utilisent dès à présent un vocabulaire spécifique. Ils distinguent les « implic’acteurs », ceux qui abordent la phase de reconversion et qui ont besoin d’être accompagnés, des « implic’actifs », ceux qui ont franchi le cap et qui sont en mesure de venir au secours des premiers afin de les guider à réussir à leur tour leur repositionnement. « Mais ce qui importe, c’est que eux et nous, nous savons de quoi nous parlons et nous parlons le même langage, voilà pourquoi nous pouvons en parler et avons des choses à nous dire » ponctue Thierry Lefebvre.

Puis, temps attendu de cette présentation, trois récents reconvertis apportent avec sincérité et émotion leur témoignage.
Le premier Daniel Prak, l’un des dix cofondateurs de l’association, décrit comment après avoir servi dans les mécanisés, puis dans le renseignement par l’imagerie, notamment spatiale, il dut accepter de faire un détour, « une descente aux enfers » par une entreprise de nettoyage urbain avant de pouvoir occuper le poste de chef de bureau des moyens généraux de l’IHEDN. « Ne pas subir » est le conseil qu’il lègue dans un silence.

Le troisième, Christophe Cheneau insiste davantage, avec un réel sens de l’humour, sur la meilleure façon d’aborder le privé. En appelant lui aussi à la modestie, il établit un parallèle avec le type d’approche utilisée lors de toute mutation dans un nouveau régiment : « On commence par observer, puis on cherche à comprendre le fonctionnement, la finalité, les rôles de chacun, enfin on intervient en proposant. » Il met en garde contre la perte de repères, « ce qui peut être vécu comme un véritable choc au lieu d’un nouveau challenge ; en regard, seule l’adaptabilité (indécrochable de tout bon militaire) doit l’emporter. » Il ajoute que s’il devait refaire sa reconversion, il constituerait en tout cas un réseau d’anciens ayant traversé cette épreuve. « Il serait un atout de première importance pour vérifier la cohérence de mon projet professionnel que je n’hésiterai pas à confronter à la réalité du terrain. ». Au passage, il en profite pour louer « l’esprit de corps cultivé à travers nos différentes affectations » et dont il décèle « une trace vivace dans l’esprit des membres d’Implic’action ». Et puisqu’il a eu l’heureuse idée d’être accompagné de son chef d’entreprise, le patron de Locafrais, l’occasion est donnée de lui poser une question sous forme de boutade : « N’avez-vous pas eu une idée saugrenue en embauchant un ancien sous-officier parachutiste ? » Eric Levet ne se démonte, en qualité d’ancien aspirant, il précise dûment qu’il connait les valeurs foncières des militaires, qu’elles sont précisément des « atouts précieux pour un employeur. ». Il ajoute qu’il est loin d’être déçu par ce recrutement… « même si son employé-modèle restait encore par trop obéissant ». Reproche qui, bien sûr, ne serait en être un…
Reprenant la parole pour définir les trois missions fondamentales d’Implic’action ("Accompagner la mobilité professionnelle, briser l’isolement dès la sortie du quartier, permettre aux entreprises de disposer d’un vivier de femmes et d’hommes aux compétences transférables"), Thierry Lefebvre cède le micro à Jean-Michel Lebec. Il s’agit de traiter de la 4ème mission majeure, sinon la plus essentielle de toutes, puisque cette dynamique constitue la plus-value d’Implic’action.


Sur la tribune, monte maintenant le secrétaire de l’association, Henry-Pierre Marquis, qui déroule le « parcours balisé » de l’implic’acteur. Après avoir brossé les modes d’information possibles (du bouche à oreille aux institutionnels en passant par les présentations collectives) et les modes d’inscription en place, il aborde l’abonnement qui permet à l’implic’acteur de disposer immédiatement et concrètement de services, tel que « participer au réseau, déposer des CV ou récupérer des offres d’emploi, de bénéficier d’aides de formation (en kit ou à la carte) voire d’accompagnement personnalisé ». A ce jour, les étapes du parcours de reconversion sont programmées ainsi : à l’issue d’une première rencontre avec un implic’actif (a priori, futur référent), l’implic’acteur est conduit soit vers un bilan de potentialités qui débouche sur un diagnostic d’employabilité, soit vers des conseils pour le guider, par exemple, à créer une société ou à reprendre une activité, ou aller vers un emploi salarié. « L’accès à l’emploi demeure l’objectif terminal et unique du parcours d’Implic’action ».

IMPLIC’ACTION EN LIGNE
Eric Alfonsi termine cet exposé général en déployant les fonctionnalités du site internet : www.implicaction.fr. Cet expert Web2.0, concepteur de multiples sites, dont notamment celui de la Fédération des Sociétés d’Anciens de la Légion Etrangère, Legio patria nostra par laquelle il est lui-même passé, prouve la simplicité volontaire du dispositif adopté qui permet à tout internaute même débutant de rechercher toute information en un minimum de clic. De surcroît, le back-office autorise les membres à échanger de manière plus approfondie « entre eux, de manière libre et franche ». Dans cet espace d’expression, les informations abondent et les témoignages aussi bien que les conseils affluent.

Alors, certes elle est nouvelle, mais elle a tout d’une grande. En fait, Implic’action n’est pas une association de plus (quand bien même, ce serait une chance…), elle se veut être à juste raison un « réseau social communautaire de la Défense. » A nous, à vous de le faire vivre. La première pierre d’Implicaction a été posée en ce 8 octobre 2009, les fondations sont solides. Les implic’acteurs et les implic’actifs sont incités à rejoindre Implic’action pour que le maillage réseau soit le plus profitable et ouvert possible.





